• Nous vous invitons à la lecture de « Louise Amour » de Christian Bobin, idylle d'un écrivain pour une créatrice de parfum...

    louise amour

    En voici un petit extrait :

    "J'étais tombé amoureux de Louise Amour avant de la connaître : son nom, plus aveuglant pour moi que la clarté laiteuse des roses trémières ou que la pellicule d'or dont les moines recouvraient le bois de leur icônes, était apparu à côté du mien sous la rubrique "Senteurs" du magazine Roses de France, revue confidentielle à laquelle m'avait abonné ma passion pour cette fleur. Nos deux noms, séparés par une simple virgule,s'avançaient vers le lecteur comme deux mariés sous une voûte de papier glacé. Il était écrit que Louise Amour, créatrice de parfums aussi renommés que Jamais ou Absente, venait d'en inventer un nouveau nommé Madonne, en s'inspirant d'un de mes livres. J'étais présenté comme un jeune penseur plein d'avenir. Il n'y avait pas de photographie de Louise Amour dans ce journal, mais l'éclat discrètement ensauvagé de son nom me fascina plus que son image."

    Bonne lecture...


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    Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
    Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
    Je vois se dérouler des rivages heureux
    Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

    Une île paresseuse où la nature donne
    Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
    Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
    Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne.

    Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
    Je vois un port rempli de voiles et de mâts
    Encor tout fatigués par la vague marine,

    Pendant que le parfum des verts tamariniers,
    Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
    Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

    Charles Baudelaire — Les Fleurs du mal


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  • Il est de forts parfums pour qui toute matière
    Est poreuse. On dirait qu'ils pénètrent le verre.
    En ouvrant un coffret venu de l'Orient
    Dont la serrure grince et rechigne en criant,

    Ou dans une maison déserte quelque armoire
    Pleine de l'âcre odeur des temps, poudreuse et noire,
    Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient,
    D'où jaillit toute vive une âme qui revient.

    Mille pensers dormaient, chrysalides funèbres,
    Frémissant doucement dans les lourdes ténèbres,
    Qui dégagent leur aile et prennent leur essor,
    Teintés d'azur, glacés de rose, lamés d'or.

    Voilà le souvenir enivrant qui voltige
    Dans l'air troublé ; les yeux se ferment ; le Vertige
    Saisit l'âme vaincue et la pousse à deux mains
    Vers un gouffre obscurci de miasmes humains;

    Il la terrasse au bord d'un gouffre séculaire,
    Où, Lazare odorant déchirant son suaire,
    Se meut dans son réveil le cadavre spectral
    D'un vieil amour ranci, charmant et sépulcral.

    Ainsi, quand je serai perdu dans la mémoire
    Des hommes, dans le coin d'une sinistre armoire
    Quand on m'aura jeté, vieux flacon désolé,
    Décrépit, poudreux, sale, abject, visqueux, fêlé,

    Je serai ton cercueil, aimable pestilence!
    Le témoin de ta force et de ta virulence,
    Cher poison préparé par les anges! Liqueur
    Qui me songe, ô la vie et la mort de mon cœur!


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  • CYRANO
    Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
    On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme.
    En variant le ton,-par exemple, tenez:
    Agressif: " Moi, Monsieur, si j'avais un tel nez,
    Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse ! "
    Amical: " Mais il doit tremper dans votre tasse !
    Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap! "
    Descriptif: " C'est un roc ! . .. c'est un pic ! . . . c'est un cap !
    Que dis-je, c'est un cap ?. .. C'est une péninsule ! "
    Curieux: " De quoi sert cette oblongue capsule ?
    D'écritoire, Monsieur, ou de boite à ciseaux ? "
    Gracieux: " Aimez-vous à ce point les oiseaux
    Que paternellement vous vous préoccupâtes
    De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? "
    Truculent: " Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez,
    La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
    Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? "
    Prévenant: " Gardez-vous, votre tête entrainée
    Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! "
    Tendre: " Faites-lui faire un petit parasol
    De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! "
    Pédant: " L'animal seul, Monsieur, qu'Aristophane
    Appelle Hippocampelephantocamelos
    Dût avoir sous le front tant de chair sur tant d'os ! "
    Cavalier: " Quoi, I'ami, ce croc est à la mode ?
    Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode! " ,
    Emphatique: " Aucun vent ne peut, nez magistral,
    T'enrhumer tout entier, excepté le mistral ! "
    Dramatique: " C'est la Mer Rouge quand il saigne ! "
    Admiratif: " Pour un parfumeur, quelle enseigne ! "
    Lyrique: " Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? "
    Naïf: " Ce monument, quand le visite-t-on ? "
    Respectueux: " Souffrez, Monsieur, qu'on vous salue,
    C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue! "
    Campagnard: " He, arde ! C'est-y un nez ? Nanain !
    C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! "
    Militaire: " Pointez contre cavalerie ! "
    Pratique: " Voulez-vous le mettre en loterie ?
    Assurément, Monsieur, ce sera le gros lot! "
    Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot:
    " Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
    A détruit l'harmonie! Il en rougit, le traître! "
    - Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
    Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit:
    Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
    Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
    Vous n'avez que les trois qui forment le mot: sot!
    Eussiez-vous eu, d'ailleurs, I'invention qu'il faut
    Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
    Me servir toutes ces folles plaisanteries,
    Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
    De la moitié du commencement d'une, car
    Je me les sers moi-même, avec assez de verve
    Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve

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